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29 mars 2012

Ecolo-Ps-cdH Alliance citoyenne d'ottignies Louvain-La-Neuve OU Alliance POLITIQUE?

Vous avez dit "alliance citoyenne" ?
Par une collaboratrice de Louvain Citoyen



Alliance quoi dites-vous ? Citoyenne ? Ne confondez-vous pas avec "politique" ? Et si les "habitants de la cité" se réappropriaient ce qualificatif usurpé et s'alliaient enfin aussi pour se réapproprier la politique ?
Après tout, faire de la politique c'est "s'occuper des affaires publiques", donc de la collectivité que nous formons. N'est-il pas temps de reprendre notre rôle dans la politique, au-delà des carcans institutionnels et de partis qui l'étouffe et avec elle la démocratie ?
Dans cette ville où se mêlent les couleurs en un magma qui semble hôter tout pouvoir d'action à l'électeur*,
Dans une ville qui tend à l'uniformité des modes de vie et de consommation, y compris culturelle, par l'écrasement de la différence sous les mastodontes,



Dans une ville qui se voulait pourtant, dès sa création, innovatrice notamment par la place occupée par les habitants dans sa conception et le tracé de ses évolutions,
Dans une ville où les citoyens résistent et créent toujours plus de bulles d'oxygène et de nouvelles manières d'être lien et d'être au monde,
Dans une ville en plein développement où les idées et les rêvent fourmillent,
où les habitants appellent à une véritable concertation qui transcenderait l'illusion et le cosmétique qui ne nous laissent plus dupes...


Comment allons-nous reprendre notre juste place ?
Et si ce blog devenait notre boîte à idées ?


Une utopiste

* car le bleu roi n'aiderait certainement pas à concrétiser les utopies d'une ville écologique,  plus juste et solidaire, avec ses projets de villas 4 façades autour des gares :-/Stop à l'usurpation, c'est l'heure de la réappropriation :-)

Il y a quelques mois,  la majorité actuelle annonçait son projet de rempiler main dans la main, toujours sous le nom d'"Alliance citoyenne".


Participez au débat sur notre ville en nous envoyant vos articles et réflexions à louvaincitoyen@gmail.com

26 février 2012

Ecolo une étiquette verte sur un projet de droite? Quel bilan à Ottignies Louvain-La-Neuve avant les élections

Quel bilan pour la majorité Ecolo-Ps-cdH ?

Les élections communales de 2012 arrivent à grands pas, il est temps de parler des promesses faites aux habitants d'Ottignies Louvain-La-Neuve, et d'en faire l'état des lieux.

À la veille des élections, il est temps de tirer un bilan en matière de logement, et de logements sociaux particulièrement;
en matière de la place des habitants dans la ville (par rapport aux commerces);
en matière de diversité culturelle (jugée trop élitiste par beaucoup);
en matière de démocratie locale, bien à la traîne malgré les promesses de la majorité,

Qu'en est il de la participation des citoyens aux décisions sur l'aménagement du territoire? Sur l'affectation du budget, notamment en matière culturelle et sociale? ...

Les avis divergent, surtout en matière de logement, depuis que la majorité a adopté le sacro-saint crédo de la "densification" (surtout autour des gares d'Ottignies et de LLN), les conflits se sont cristalisés autour de cette thématique, nottament dans le quartier au dessus de la gare à Ottignies (Petit Ry,...). Face à la forte résistance des habitants, la majorité a finalement lâché et abandonné le projet (en partie).

Quant à la crise du logement elle est de plus en plus criante. Si la proportion de logements sociaux n'a pas augmenté dans l'entité, que dire de Louvain-La-Neuve où c'est le logement de luxe qui se voit dérouler le tapis rouge (résidences privées pour étudiants, logements "high class" dans la rue Charlemagne, expulsion d'une partie du quartier de la Baraque,...), relégation de la maison des jeunes pour implanter un somptueux Musée Tintin (qui est un échec),...
Assez cocasse, cette vidéo http://www.youtube.com/watch?v=1DSiC1WQbME qui à toutefois le mérite de rappeler l'action menée par le groupe d'habitants appelé "collectif météo". Cette action avait pour but de réclamer un lieu culturel différent à Louvain-La-Neuve. On y voit les responsables de diverses associations culturelles de Louvain-La-Neuve lors de l'ouverture de ce lieu. Le parti Écolo qui y est décrit comme une étiquette verte mise sur un projet de droite, est vivement critiqué pour son action politique.
Pour la défense de la majorité Ecolo-Ps-cdHI, il est important de noter qu'en cette fin de législature, les travaux de construction de la nouvelle Maison des Jeunes (Chez Zelle) ont commencé et que celle-ci va enfin pouvoir exister à nouveau! Il semble que ce soit l'échevin Da Camara qui ait permis de débloquer certains dossiers sur lesquels Jean-Luc Roland s'entêtait dans des positions absurdes.

Alors serait-ce la législature de trop pour J-L Roland?


Une ancienne de Louvain-La-Neuve

26 octobre 2011

crise du logement à Louvain-La-Neuve ; que propose la majorité Ecolo-cdH-Ps? le parlement Wallon s'invite au débat.

Crise du logement à Louvain-La-Neuve :

 

Le Service d’étude en géographie fondamentale et appliquée (Segefa) de l’Université de Liège vient de rendre son rapport sur le " problème" des logements dédiés aux étudiants. Sur six villes étudiantes, Arlon, Liège, Gembloux, Mons, Namur, Ottignies - LLN, il y aurait 31 000 kots pour 27 000 étudiants. 


Ce n'est que à Namur et surtout à Louvain-la-Neuve, qu'il y a une crise du logement. La situation de "ville riche" de Louvain-La-Neuve ayant une très faible offre de logements à loyers modérés (la plus faible de la région) n'a donc pas évolué depuis 15 ans. Au vu des résultats de l'étude du Segefa, l'on peut même penser qu'elle s'est empirée. 


"Les loyers trop élevés et la localisation d’offre dans des communes voisines", attestent de l'incapacité de l'UCL et des autorités communales (majorité Ecolo-cdH-Ps) à résoudre la crise du logement à Louvain-La-Neuve.


Bisbrouille au parlement : 


La majorité s'est empoignée sur le sujet et sur les engagements à prendre. Il ressort que (à vérifier) d'après le ministre Ecolo J-M Nollet, la commune d’Ottignies/Louvain-la-Neuve a reçu le permis de bâtir de nouveaux logements publics dans le cadre de "l’ancrage" communal, ces logements seraient réservés aux étudiants à bas revenus, "l’UCL, pour sa part, a des projets de création de près de 600 chambres" apprend-on dans La Libre du 26/10/11.  


A la veille des élections communales de 2012, ni Jean-Luc Roland, ni sa majorité Ecolo-cdH-Ps, ne semblent oser proposer un quelconque plan pour affronter la crise du logement qui frappe de plus en plus d'habitants d'Ottignies Louvain-la-Neuve, sans compter les innombrables qui ont purement et simplement du quitter leur commune pour se loger plus loin et moins cher.

31 mars 2011

Accès au logement à Ottignies Louvain-La-Neuve


Jean-Luc Roland vise le triplé Le Soir Mardi 22 mars 2011

Ottignies-LLN Ecolo en 2012

Le bourgmestre Jean-Luc Roland est candidat à sa succession. Il demandera à la régionale Écolo du Brabant wallon une dérogation pour enchaîner un troisième mandat consécutif. Derrière lui, cela se bouscule quelque peu. Les places d’échevin (deux actuellement) feront l’objet d’un âpre combat. David da Câmara et Cécile Lecharlier souhaitent rempiler. Ils devront batailler avec l’appétit grandissant de certains conseillers, tel Hadelin de Beer de Laer. Précisons que c’est la locale qui détermine ces strapontins. Le résultat électoral n’est pas pris en compte. Rayon coalition, l’Olivier actuel a les faveurs des pronostics.  (...)

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Revoir le « Plan HP » pour précariser davantage les habitants ? Le Gouvernement fait fausse route !

LETTRE OUVERTE  AU GOUVERNEMENT DE LA PART D’HABITANTS, D’ASSOCIATIONS ET DE RESEAUX
Près de 15.000 habitants vivent en caravanes (campings), chalets ou construction en dur  (parcs résidentiels et domaines) dans de nombreuses communes de Wallonie. Cette réalité existe depuis plus de 30 ans. De nouveaux ménages s’y installent quotidiennement…

En 1995, l’annonce par  le Gouvernement wallon que ce  « phénomène » devait être enrayé pour 1998  avait déjà provoqué fermetures et  évacuations de nombreux site, fuite des habitants… L’adoption en 2002 d’un plan « Habitat Permanent » en zone de loisirs (Plan HP), puis sa mise en œuvre en 2004 et 2005 ont calmé le jeu. Comportant différentes mesures, il vise notamment au relogement des habitants sur base volontaire et à « envisager » la reconnaissance de certains sites comme lieux d’habitat. Entre les deux, très peu d’aides et de soutiens sont apportés concrètement aux habitants afin qu’ils améliorent leur cadre de vie choisi en fonction de leurs besoins et de leurs moyens.

Ce qui n’a pas empêché que des personnes soient soumises à l’arbitraire, au harcèlement, se sentent menacées, soient encore plus fragilisées… Et que tous les habitants vivent avec une épée de Damoclès au dessus de la tête.
Après des initiatives de dialogue de notre part, des mois de demandes et malgré les engagements pris par le Gouvernement, les associations et les habitants n’ont pas été associés aux réflexions élaborées au sein de  « groupes de travail » gouvernementaux  qui viennent de remettre leurs conclusions. Mercredi passé, nous sommes mis devant le fait accompli de 70 mesures qui seraient soumises à l’accord du Gouvernement le lendemain !
Nous n’avons pas été concertés, marquons notre profond désaccord et mettons en garde : si l’intention du gouvernement est bien de soutenir les habitants pour leur permettre d’améliorer leurs conditions de vie, qu’il n’adopte pas à la légère des mesures qui risquent de les insécuriser et les fragiliser encore plus.

Les informations qui nous ont été communiquées sont très inquiétantes, aucunes garanties  ne  sont apportées aux habitants, certaines mesures sont difficiles à croire :
- Les difficultés liées à cet habitat ne sont pas prises en compte dans le contexte général de crise du logement : faute d’alternative et d’accompagnement, l’interdiction de domiciliation va rejeter à la marge ceux qui auraient pu y trouver à se loger compte tenu de leurs moyens ;
- des mesures envisagées risquent même de précariser d’autres  comme les personnes sans-abri (remise en cause du droit de domiciliation) ;
- La fermeture programmée des campings et des zones inondables annonce un dangereux revirement et des catastrophes sociales.  Jusqu’ici, les habitants pouvaient rester sur place et, selon les demandes et les moyens, se voir proposer un relogement sur base volontaire ainsi qu’une série d’aides et d’incitants. Dans la pratique,  chacun a cependant pu apprécier les pressions que pouvaient subir certains... Et comment procédera-t-on sachant que les communes et leurs partenariats locaux ne disposent même pas des moyens de reloger tous ceux qui le demandent ?

- Des mesures comportent en elles-mêmes des risques sérieux d’aggravation des conditions de vie des plus fragiles parmi les habitants.
- Le devenir des autres sites (domaines et parcs résidentiels) n’est pas clair et suscitera encore beaucoup d’inquiétudes. Dès son origine, le plan comportait pourtant cet espoir pour beaucoup d’habitants que leur lieu d’habitat soit reconnu.
Pour ne citer que quelques unes  des 70 mesures envisagées…

Nous, habitants, associations, simples citoyens sommes convaincus :
- Que ne sont pas des « abris » mais bien des logements dont disposent ces habitants ;
-  Que ne pas le reconnaître, c’est les considérer comme citoyens de seconde zone et les priver de leurs droits.
- Que compte tenu des enjeux que comporte ce plan pour des milliers de personnes, prendre de telles décisions sans débat public n’est pas sérieux et même dangereux;
- Que ces réalités complexes appellent des réponses mesurées et appropriées, qui respectent vraiment la liberté, les choix et les moyens dont les personnes disposent pour habiter ;
- Que, l’enfer étant pavé de bonnes intentions,  la plus grande vigilance est requise  dans la mise en œuvre des mesures afin qu’elles ne se retournent pas dans les faits contre les habitants.
-  Que l’amélioration des conditions de vie des milliers d’habitants concernés ne deviendra une réalité que s’ils en sont eux-mêmes les premiers acteurs, s’ils sont pleinement associés à la recherche de solutions qui leurs soient adaptées et si la maîtrise de leur habitat en sort réellement renforcée.
De tout cela, aucunes garanties n’ont été offertes jusqu’ici : nos interpellations dans ce sens sont restées sans suites.
En conséquence de quoi, nous attendons du Gouvernement un signal fort, pour les habitants, les élus locaux, la population et les associations :
- Qu’il renonce à  adopter dans la précipitation, sans dialogue, ni concertation  un plan d’action qui comporte de tels risques.
- Qu’il se donne le temps et les moyens de rechercher en concertation avec les habitants et partant de leurs situations réelles, des solutions appropriées qui leurs conviennent et leur garantissent un meilleur avenir.

Les associations et citoyens suivants soutiennent cet appel lancé au Gouvernement :
Solidarités Nouvelles asbl 0497/30.35.07 – Mouvement Lutte-Solidarité-Travail 0479/28.90.57 – Droit Au Logement Différent – Le Miroir Vagabond asbl  084/31 19 46  084/31 19 46     – Le Forum Social de Mettet – Louvain Citoyen - le Réseau wallon de Lutte contre la Pauvreté 0498/44.82.38.- SRP La Teignouse 0473/92.37.06

16 mars 2011

Ottignies Louvain-La-Neuve, écolo, cdH, MR, PS, quelle participation des citoyens?

Nettoyage "social" à Louvain-La-Neuve

De plus en plus d'habitants d'Ottignies LLN, dénoncent un nettoyage "social" à Louvain-La-Neuve (Voir communiqué : « une forme de nettoyage ethnique, de type social, qui s’opère dans le Brabant Wallon et spécialement à Louvain-la-Neuve »), qui contraint beaucoup d'habitants, dont pas mal de jeunes pourtant nés à Louvain-la-Neuve, à partir en laissant la place à ceux qui ont les moyens de se payer le coût de la vie néo-louvaniste. En effet, les importants aménagements qu'à connu la ville ces dernières années et notamment la construction du centre commercial l'Esplanade et de nouveaux quartiers huppés, n'ont pas œuvré dans le sens de la mixité de la ville et ont contribué à une forte augmentation des loyers, les rendant inaccessibles pour bon nombre de gens.
OUVERTURE AU DIALOGUE...
Interpellé par plusieurs communiqués le bourgmestre n'a toujours pas donné de réponse à ces interpellations, se contentant de dénigrer les jeunes manifestants qui ont occupés illégalement des locaux désafectés pour protester contre la disparition de la Maison des jeunes.
Peut-être que J-L Roland se réserve cette épineuse question pour son programme électoral? Nous l'espérons en tous cas, et de surcroît, nous espérons que celle-ci ne sera pas dictée par la démagogie mais par des engagements réels et des propositions concrètes. Le dialogue est urgent monsieur le bourgmestre, mettre un couvercle sur une casserole qui déborde ne fait que retarder les explosions!
Le bourgmestre J-L Roland, qui en est à son deuxième mandat, paraît contradictoire dans ses déclarations; d'une part il se dit fortement préoccupé par le phénomène de gentrification de la ville et prétend vouloir lutter contre la hausse des prix à Louvain-La-Neuve (La Libre Belgique, 2.2.2011), d'autre part, il voit dans le développement de la ville « le témoignage concret qu’un autre urbanisme est possible » et se dit enchanté par son développement « passionnant » (Vers l'Avenir, 29.01.2011). Il juge le développement commercial de la ville et les gains économiques qu'il entraîne, comme une aubaine pour arriver enfin à l'aboutissement du projet imaginé par les anciens fondateurs (Le Soir, 10.12.2010).
A l'heure d'adopter le budget, la majorité communale (Ecolo, DN-PS et cdH), fortement chahutée par l'opposition (MR) qui le juge irréaliste, promettait une large consultation des habitants afin d'établir avec eux les priorités pour la commune. Toujours attendue, cette consultation devrait permettre au bourgmestre qui brigue un troisième mandat, de retrouver de la légitimité pour entamer la campagne.

Toutefois l'entreprise est périlleuse pour Jean-Luc Roland, d'abord parce que l'UCL est propriétaire à 90% de la ville et n'est donc pas contrainte de tenir compte de l'avis des habitants, et par ailleurs son ambition électorale pourrait bien être compromise par la réglementation de son parti.
En effet, les statuts du parti écologiste interdisent de briguer un troisième mandat de bourgmestre consécutif. Hors, Jean-Luc Roland est bourgmestre d’Ottignies-Louvain-la-Neuve depuis 2001, pour se représenter, il devrait donc obtenir une hypothétique dérogation du conseil régional des Verts, fortement compromise par l'exigence de bonne gouvernance si chère à Ecolo et salutaire par ailleurs. En 2006 déjà, le bourgmestre avait renoncé à plusieurs mandats, sans doute pour se mettre au diapason du parti. Il cumulait alors plus de 5 mandats dont 3 au moins rémunérés (Baromètre belge du cumuls des mandats en ligne).

La semaine passée, l'Association des Habitants organisait un débat sur la hausse des loyers à Louvain-la-Neuve. C'est donc bien sur fond de la question du visage de plus en plus élitiste qu'est en train de prendre la commune, que se déroule le conflit entre le bourgmestre et les manifestants. S'il faut déplorer les violences dont ils ont été victimes, l'on peut souhaiter que cet incident fera réfléchir les autorités et les ramènera vers une véritable participation des citoyens.

8 février 2011

Louvain-La-Neuve, un village d'irréductibles élites?

Action brutalement réprimée à Louvain-La-Neuve :
Jean-Luc Roland pointé du doigt pour sa « gestion répressive » de la crise.

Une manifestation d'habitants de Louvain-La-Neuve qui réclamaient une maison des jeunes et un espace culturel alternatif, a été brutalement réprimée par les forces de l'ordre, le vendredi 28 janvier lorsque les manifestants ont tenté d'occuper un local désaffecté.

Des témoins indiquent que l'action n'était pas autorisée, en précisant toutefois, que « la réaction de la ville est totalement disproportionnée » et que la police a fait un « usage excessif de la force », allant jusqu'à « matraquer violemment» les manifestants pacifiques.

Le bourgmestre d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, Jean-Luc Roland (Ecolo), est pointé du doigt pour sa manière brutale de gérer une manifestation qui se déroulait pourtant sans heurts. Il y a eu plusieurs blessés parmi les manifestants dont quatre ont du être amené au services des urgences de la Clinique Saint-Pierre d'Ottignies. Leur état de santé n'est pas jugé inquiétant.

Quelques semaines auparavant, les manifestants occupaient illégalement un local désaffecté baptisé « météo », à Louvain-La-Neuve. Pendant plusieurs mois ils y avaient organisé des concerts de musique et des ateliers de création. Ils s'en étaient fait déloger dans le calme et avaient pu établir un dialogue avec les autorités universitaires et la police malgré les fortes réticences du bourgmestre.

Les manifestants, n'occupant que des lieux désaffectés et de manière pacifique, disent ne pas comprendre la réaction du bourgmestre. Il semble en effet que leur message soit mal compris par ce dernier qui est aujourd'hui pointé du doigt pour sa « gestion répressive » de la crise.

Les manifestants réclament un lieu de culture non-institutionnelle et une maison des jeunes pour les jeunes de Louvain-La-Neuve qui « ont besoin d’un lieu de découvertes ». Ces revendications ne sont pas nouvelles à L-L-N, surtout depuis que la maison des jeunes a été rasée pour faire place au musée Hergé, sans qu'un nouveau local soit affecté à la maison des jeunes. Le bourgmestre qualifie maladroitement cette réalisation comme « sa plus grande fierté » (Entretien avec Laurence Dumonceau "Je rêve d’une autre gare" ).

Par ailleurs, ne semblant vraisemblablement pas sur la même longueur d'ondes qu'une partie des habitants, il vante « l’intense activité culturelle qui attire tous les publics » (Opladis, interview de J.-L. Roland, 24.01.2011), il serait permis d'en douter au vu de l'offre culturelle assez élitiste sur la commune.

Nettoyage "social" à Louvain-La-Neuve

Ces habitants eux, dénoncent dans un communiqué, « une forme de nettoyage ethnique, de type social, qui s’opère dans le Brabant Wallon et spécialement à Louvain-la-Neuve », qui contraint beaucoup de jeunes, pourtant nés à Louvain-la-Neuve, à partir en laissant la place à ceux qui ont les moyens de payer le coût de la vie néo-louvaniste ». En effet, les importants aménagements qu'à connu la ville ces dernières années et notamment la construction du centre commercial l'Esplanade et de nouveaux quartiers huppés, n'ont pas œuvré dans le sens de la mixité de la ville et ont contribué à une forte augmentation des loyers, les rendant inaccessibles pour bon nombre de gens.

Le bourgmestre qui en est à son deuxième mandat, paraît contradictoire dans ses déclarations; d'une part il se dit fortement préoccupé par le phénomène de gentrification de la ville et prétend vouloir lutter contre la hausse des prix à Louvain-La-Neuve (La Libre Belgique, 2.2.2011), d'autre part, il voit dans le développement de la ville « le témoignage concret qu’un autre urbanisme est possible » et se dit enchanté par son développement « passionnant » (Vers l'Avenir, 29.01.2011). Il juge le développement commercial de la ville et les gains économiques qu'il entraîne, comme une aubaine pour arriver enfin à l'aboutissement du projet imaginé par les anciens fondateurs (Le Soir, 10.12.2010).

La finalisation du projet de Louvain-La-Neuve, s'est peut-être emballée, au point qu'on ne se préoccupe plus de savoir où une maison des jeunes et un lieu pour « une autre culture » pourraient trouver leur place dans une ville de ce type, si toutefois cela est encore possible.

A l'heure d'adopter le budget, la majorité communale (Ecolo, DN-PS et cdH), fortement chahutée par l'opposition (MR) qui le juge irréaliste, promettait une large consultation des habitants afin d'établir avec eux les priorités pour la commune. Toujours attendue, cette consultation devrait permettre au bourgmestre qui brigue un troisième mandat, de retrouver de la légitimité pour entamer la campagne.

Toutefois l'entreprise est périlleuse pour Jean-Luc Roland, d'abord parce que l'UCL est propriétaire à 90% de la ville et n'est donc pas contrainte de tenir compte de l'avis des habitants, et par ailleurs son ambition électorale pourrait bien être compromise par la réglementation de son parti.
En effet, les statuts du parti écologiste interdisent de briguer un troisième mandat de bourgmestre consécutif. Hors, Jean-Luc Roland est bourgmestre d’Ottignies-Louvain-la-Neuve depuis 2001, pour se représenter, il devrait donc obtenir une hypothétique dérogation du conseil régional des Verts, fortement compromise par l'exigence de bonne gouvernance si chère à Ecolo et salutaire par ailleurs. En 2006 déjà, le bourgmestre avait renoncé à plusieurs mandats, sans doute pour se mettre au diapason du parti. Il cumulait alors plus de 5 mandats dont 3 au moins rémunérés (Baromètre belge du cumuls des mandats en ligne).

La semaine passée, l'Association des Habitants organisait un débat sur la hausse des loyers à Louvain-la-Neuve. C'est donc bien sur fond de la question du visage de plus en plus élitiste qu'est en train de prendre la commune, que se déroule le conflit entre le bourgmestre et les manifestants. S'il faut déplorer les violences dont ils ont été victimes, l'on peut souhaiter que cet incident fera réfléchir les autorités et les ramènera vers une véritable participation des citoyens.

À l'heure actuelle et à notre connaissance, aucune plainte n'a été déposée au Comité P et la majorité communale ne s'est toujours pas exprimée publiquement sur les incidents du 28 janvier. Une délégation de représentants des manifestants pourrait interpeller le prochain conseil communal.


Notes de parenthèses :
  1. Entretien avec Laurence Dumonceau "Je rêve d’une autre gare", 24 janvier 2011
  2. La Libre Belgique, 2 février 2011
  3. Vers l'Avenir, 29 janvier 2011
  4. Le Soir, 10 décembre 2010
  5. Baromètre du cumuls des mandats, en ligne, http://www.cumuleo.be/mandataire/2575-jean-luc-roland.php
    _____________________________
Communiqué des manifestants
Répression violente lors de l’ouverture d’un lieu culturel autogéré à Louvain-la-Neuve.

Ce vendredi 28 janvier, un groupe d’habitants de L.L.N. et ses alentours investit un endroit où créer et diffuser de la musique, installer des ateliers et des expositions.
Notre désir est de fonctionner hors des institutions car nous entendons être libres dans la gestion de notre espace, notre volonté étant d’être indépendants de subsides ou d’animateurs.
Nous avons décidé de récupérer des locaux laissés à l’abandon ou non utilisés par leur propriétaire. Ce genre de collectif ou dynamique existe dans d’autres villes comme Liège, Bruxelles, Gent, Leuven ou Antwerpen…
Résumé des évènements de ce vendredi 28 janvier :
19 h. Nous rentrons dans les locaux inoccupés de l’ancienne poste Place des Sciences. Rapidement un groupe de personnes y installe une cuisine, d’autres un bar , une sono, une infothèque.
Nous nous sentons vite chez nous et y installons une charmante ambiance.
20 h. Un vigile de l’U.C.L. constate notre présence et appelle ses collègues et la police,…
L’un d’entre nous sort pour leur expliquer nos intentions, en vain ; nous connaissons notre bonne ville, le dialogue est impossible et l’expulsion imminente.
Les policiers se rassemblent devant le bâtiment, matraque à la main et casque vissé sur la tête. Le ton est lancé mais la bonne humeur est toujours un peu là. Les enfants et certains parents quittent la poste.
21 h. Le nombre de policiers augmente. Ils encerclent le bâtiment bloquant toutes les issues.
21 h 30. La police casse une vitre puis une porte et entre de force. (Qui donne ce genre d’autorisation, le bourgmestre ?)
Le commissaire Lagrange rentre avec sept de ses hommes pour nous sommer de discuter avec un responsable (?) , matraque à une main et lacrymo dans l’autre tout en poussant et bousculant le groupe.
La discussion s’envenime, les coups de matraques pleuvent, nous nous opposons collectivement à leur charge et finissons par les repousser hors du bâtiment.
22 h. La police fait fortement usage de gaz lacrymogènes. Le gaz envahit tout le bâtiment, nous sommes obligés de sortir par les portes de l’étage inférieur et nous retrouvons face à d’autres policiers.
Le matraquage et gazage se déroule sous l'œil bienveillant de responsables de l’U.C.L. : Dominique Opfergelt (administrateur général) et Alexandre Bauthier ( responsable de la sécurité des biens et des personnes).
22 h 30. Nous sommes tous dehors. Plusieurs membres du groupe ont été frappés par la police et sont blessés. Certains ont été frappés à l’intérieur du bâtiment, d’autres alors qu’ils étaient déjà dehors. Certains policiers sont prêts à nous frapper pour n’importe quelle raison. D’autres, repus de violence satisfaite ricanent à l’écart. Une personne est arrêtée car elle crie fortement sur la police, elle est jetée violemment au sol.
23 h. Nous formons un petit groupe sur la place des sciences. La police revient vers nous. Suite à une discussion avec le commissaire, l’un des nôtres est arrêté agressivement sans aucun motif. Nous disloquons notre groupe et nous rassemblons ailleurs pour faire le point, quatre personnes à l’hôpital, deux au poste, notre détermination est toujours intacte.
Nous sommes ouverts à toutes propositions d’espaces vides à occuper.

Depuis 1998, le changement de politique d’aménagement du territoire nous en a fait baver.
Une forme de nettoyage ethnique, de type social, s’opère dans le Brabant Wallon et spécialement à Louvain-la-Neuve. Beaucoup de jeunes nés à Louvain-la-Neuve doivent partir en laissant la place à ceux qui ont les moyens de payer le coût de la vie néo-louvanesque.
Habiter, c’est aussi rencontrer et créer dans la cité.
Même si M. l’échevin de la Culture nous traite d’ignares sur cette question, nous persistons à penser qu’il y a un manque crucial de lieux à destination de la création (ateliers et salle d’expo-concert-performance).
La maison des jeunes va renaître. Nous l’espérons car nous avons grandi à travers elle et son apprentissage à l’autogestion.
Nous trouvons qu’il faut la laisser à disposition des plus jeunes qui ont besoin d’un lieu de découvertes.