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30 mars 2012

PCA - Plan Communal d'Aménagement à la gare d'Ottignies - Urbakevoi

A 4 mois des élections communales, Le Park&Ride de louvain-La-Neuve devient infernal pour la majorité.
Yannick Natelhoff - La Libre Belgique 18/05/2012

Le projet d’Infrabel a été recalé suite aux recours introduits par des riverains. L’enquête publique concernant le Park&Ride a débuté ce mercredi.
La saga concernant le projet de Park&Ride à Louvain-la-Neuve vient de connaître un épisode supplémentaire. Un peu plus de trois mois après l’octroi du permis unique par la Région wallonne, tout est à recommencer !

Suite aux recours introduits par les riverains, les fonctionnaire technique et délégué de la Région wallonne ont en effet décidé de soumettre à nouveau le dossier à enquête publique.
Parmi les opposants au projet, figure l’association des habitants de Louvain-la-Neuve (AH). Laquelle avait fait part de son étonnement quant au fait que l’importance du trafic de transit sur les voiries d’accès de la cité universitaire n’avait pas (ou insuffisamment) été prise en compte dans l’étude d’incidences.
D’où le recours introduit par l’AH, qui a donc eu gain de cause avec l’annulation du permis octroyé par la Région le 10 février dernier. L’étude d’incidences a, depuis, dû être complétée et un dossier de près de 150 pages (!) y a été rajouté.

Pour rappel, le projet prévoit la construction d’un parking de 3.298 places répartis sur cinq niveaux, le long du boulevard de Wallonie, à proximité de la future gare RER et du quartier de la Baraque.
Au total, 2 355 places seraient réservées aux usagers du rail tandis que 69 seraient dédiées aux personnes à mobilité réduite. Le reste tombant dans l’escarcelle de l’UCL.
Le parking de 23 500 m² serait directement relié à la future gare RER de Louvain-la-Neuve, les quais et voies étant prolongés jusqu’au niveau -5, tandis que des aménagements seraient réalisés par le SPW pour relier le Park&Ride à l’autoroute E 411.

La bretelle de sortie 8a serait scindée en deux parties dont l’une mènera au parking, via un tunnel passant sous de la N 4. Dont coût : 44 millions d’euros pour l’ensemble du projet.
Au-dessus du parking, l’UCL envisagerait la création de 600 nouveaux logements dont un tiers serait dédié à la communauté estudiantine. Le reste sera mis en vente tandis qu’une résidence-services devrait être construite pour répondre aux besoins des personnes âgées vivant à Louvain-la-Neuve.
Des bureaux et commerces sont aussi prévus tandis qu’un parc de 2,5 hectares - avec bassin d’orage - agrémenterait le tout.
À noter, enfin, que l’enquête publique concernant le Park&Ride a débuté ce mercredi dans les quatre communes d’Ottignies-LLN, Mont-Saint-Guibert, Chaumont-Gistoux et Wavre. Elle se terminera le 14 juin prochain. Une réunion d’information devrait avoir lieu le 24 mai à Ottignies-LLN.

Ottignies - Louvain-La-Neuve : 2 poids - 2 mesures
pour un PCA sur les abords de la gare de LLN aussi!

Pourquoi la ville a-t-elle laissé la main aux propriétaires privés à LLN ? En effet, malgré les demandes et interpellations répétées d'Urbaverkoi et de l'Association des Habitants (voir leurs avis remis aux multiples enquêtes publiques) sur l'importance de considérer cette zone dans son ensemble plutôt que de manière morcelée (comme les enquêtes publiques sur les projets la concernant), pas de PCA pour cette zone autour de la gare de LLN, pourtant clef en termes de mobilité comme d'habitat.
(...)
Lire la suite sur le portail d'Urbakevoi

Urbakevoi est un Collectif de citoyens d'Ottignies Louvain-la-Neuve engagés pour un urbanisme qui tienne compte de l'avis et des besoins des habitants. Très critique sur le dévelloppement pris par la ville sous la majorité Ecolo-Ps-cdH, le collectif mène un profond et sérieux travail de réflexion et de recherche. Véritable épine dans le pied de Jean-Luc Roland et de l'UCL,  le collectif Urbaverkoi a  récemment introduit un recours auprès du Ministre Henry contre le projet d'aménagement RER. Lien : http://urbaverkoi.blogspot.com/ ).

17 mars 2012

Brabant Wallon : Terrain 100 euros par m2/ Maison 231.500 euros / parking RER "Park&Ride" A.H.

Le parking RER "Park&Ride" inquiète les habitants de Louvain-la-Neuve

La Libre Belgique L.Dm. le 17/03/2012
L’association des habitants n’exclut pas d’aller au Conseil d’Etat contre le parking RER.

Suite à l’introduction de la demande de permis unique pour le Park&Ride à Louvain-la-Neuve, l’association des habitants de Louvain-la-Neuve avait communiqué au collège en juin son inquiétude quant au trafic de transit. L’Association des Habitants (AH) estime que deux tiers du trafic vers le parking relais RER utiliserait l’entrée principale (depuis l’E411) et l’autre tiers le boulevard de Wallonie, laquelle pourrait engendrer, sur les voiries du centre-ville, un accroissement de trafic, de l’ordre de 360 véhicules, dès 7 h du matin.

Mais l’AH estime ne pas avoir été entendue. C’est pourquoi elle vient d’annoncer qu’elle irait en recours auprès du ministre Henry contre le permis octroyé par la Région le 10 février. L’AH se dit favorable au parking mais dénonce le trafic de transit et le bruit qu’il générera. Elle demande donc que l’accès au parking se fasse uniquement via la E411 et de réserver l’accès via le boulevard de Wallonie aux habitants de Courbevoie. (...) Et l’AH n’exclut pas d’aller au Conseil d’Etat.
 Pas de Conseil d’Etat envisagé pour le comité Urbaverkoi qui a aussi introduit un recours auprès du ministre Henry. "On regrette de devoir arriver à un recours, mais nous voulons que les choses bougent", note sa porte-parole. Celui-ci base son recours sur trois motivations principales : le surdimensionnement du parking RER (3300 places), le renoncement d’une plateforme multimodale et, enfin, un projet jugé inadéquat et coûteux alors qu’existeraient des alternatives peu ou pas étudiées.
Le collectif regrette également le morcellement du projet. "On a eu les informations par rapport aux accès après que le permis a été octroyé pour le parking", dénonce le collectif. De son côté, le bourgmestre d'Ottignies Louvain-La-Neuve Jean-Luc Roland (ecolo) répète que l’avis favorable de la Ville était assorti de 44 conditions dont 25 ont été retenues dans le permis. Il dit espérer parvenir à une solution qui convienne à tous.

Pour plus d'informations : 
Collectif Urbaverkoi de Louvain-la-Neuve http://urbaverkoi.blogspot.com/ Mail : urbaverkoi@gmail.com
Association des habitants de Louvain-la-Neuve ; l'AH - http://www.ahlln.be/ Scavée du Biéreau 3, 1348 LLN - 010 452 912

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Les maisons du Brabant sont les plus chères de Wallonie

Belga 01/03/2012
Pour les terrains à bâtir, le candidat bâtisseur devra débourser 100 euros par m2 dans le Brabant wallon contre seulement 30 euros en province de Luxembourg.
Le Brabant wallon reste la province la plus chère pour l'achat d'un bien immobilier toutes catégories en Wallonie, annonce jeudi le SPF Economie dans sa brochure "La brique en chiffres".
Le prix moyen d'une maison en Brabant wallon est de 231.500 euros alors qu'il ne faudra débourser que 120.237 euros en moyenne en Hainaut, province la moins onéreuse pour ce type d'achat. Pour un appartement, le Brabant wallon occupe encore le haut du classement avec un montant de 196.744 euros en moyenne. Encore une fois, le Hainaut est la province la plus favorable pour ce type d'achat (127.927 euros en moyenne).
Pour les terrains à bâtir, le candidat bâtisseur devra débourser 100 euros par m2 dans le Brabant wallon contre seulement 30 euros en province de Luxembourg. Enfin, pour une villa et résidence secondaire, il faudra compter sur 400.000 euros dans le Brabant contre 214.425 en province de Namur, province la moins chère.

15 mars 2012

Ecolo, une étiquette verte sur un projet de droite? Ottignies Louvain-La-Neuve par l'AGL

Crise de l'urbanisme à Ottignies Louvain-La-Neuve

Assemblée générale des étudiants de Louvain - AGL (Assemblée qui représente les étudiants de l'Université Catholique de Louvain). Par Delphine Masset  

Louvain-la-Neuve semble être dans une course à l’attractivité davantage axée sur le portefeuille du consommateur de passage que sur un urbanisme au service de la qualité de vie des habitants.  

Certes, nous savons combien les autorités doivent jouer avec des contraintes structurelles imposantes (financières et législatives), mais nous continuons à croire qu'il est possible, en initiant un certain déplacement, de « penser autrement ».

Parmi les problèmes actuels, le passage obligé du développement de la ville par l'extension de la dalle implique, du fait de son coût élevé, des collaborations avec de grands promoteurs immobiliers. Dans un premier temps, cette obligation initie un rapport de force en défaveur de la ville et en faveur du promoteur.  Ensuite, cette « nécessité » a tendance à faire émerger des projets de (trop) grande envergure dont la gestion est rendue difficile (contrairement à une multiplicité de petites promotions). Ce que nous proposons serait de se décaler de cet impératif historique coûteux et relativement contre-productif, pour commencer à envisager une conception de la ville sans la finalisation de la dalle. Nous ne serions plus ainsi pieds et poings liés face à des promoteurs qui auraient toute puissance sur leur projet une fois le contrat signé et le terrain cédé.

nouveau projet pour l'esplanade
Ecolo, une étiquette verte sur un projet de droite? On est en droit de se poser la question quand on voit à quoi ressemblerait l'extension pour produits de luxe de l'Esplanade.
Évidemment, nous ne sommes pas opposés à la présence de commerces à Louvain-la-Neuve mais bien à l'existence d'un appendice fonctionnant en cercle fermé. S’il était prévu initialement qu’une liaison piétonne traverse l'Esplanade pour aérer le centre-commercial et rendre sa traversée possible d'un quartier à l'autre, cette condition ne fut pas respectée par Wilhem & Co (promoteur immobilier de l’Esplanade). Et ce pour la simple raison que confier la gestion de projets d’une telle envergure à une entreprise privée entraîne un risque important de non-respect des contreparties exigées par le bailleur (ici, l’UCL).  En définitive, le prix de la « sous-traitance » d’un gros projet urbanistique avec un promoteur privé, c’est le risque  de ne plus pouvoir contrôler le développement et les retombées du projet et ainsi voir passer les intérêts de la population après ceux du promoteur. 
 
Pour revenir à l’extension de l’Esplanade, le dernier projet en date avancé par le promoteur immobilier Wilhem & Co (actuel propriétaire du terrain situé entre l‘Esplanade et la pompe à essence Total) prévoyait la construction d’une extension en forme de diamant géant. Celle-ci,  censée accueillir des enseignes de luxe, devrait, selon Peter Wilhem (CEO de Wilhem & Co) permettre d’« upgrader » le contenu du centre actuel et capter une nouvelle clientèle plus privilégiée (La Savate de Février 2011 ; « Projet d’extension de l’Esplanade »).

En accord avec la pensée de Tim Jackson, Docteur Honoris Causa 2011 de l’UCL et auteur du livre « Prosperity without Growth », nous pensons qu’il serait plus sensé d’allouer cet emplacement à la création d’espaces et de services publics. Ceci afin de créer des lieux d’échanges et de rencontres au service de la population néo-louvaniste. Ceci, aussi, dans le but d’éviter que le centre commercial ne fonctionne comme une zone de transit mais devienne une zone de vie plus intégrée à la ville. Nous serions partisan d’utiliser cet espace pour la création de logements, d’espace publics (parcs, plaine de jeux, etc) ou encore de structure pouvant accueillir des services publics comme une maison médicale, un point vélo (comme dans certaines grandes gares de Wallonie et de Bruxelles) ou une maison des jeunes afin de miser sur les jeunes pour recréer une vie associative. 

Les cas de l'Esplanade et de son extension ne sont pas des cas isolés de projets immobiliers en désaccord avec les principes écologiques et sociaux dont l’UCL et la commune d’Ottignies-Louvain-la-Neuve se disent pourtant les garants. 
 
Pour ne citer que quelques exemples, nous rappellerons la polémique autour de la construction du musée Hergé qui entraina la destruction d’une partie du bois de la source et de la maison des jeunes, le projet immobilier du parking du lac (terrain situé entre l’Aula Magna et l’église St François) qui accueillera notamment un hôtel et un centre thalasso, l’ « éco » quartier Courbevoie qui trônera sur 3 étages de parking sur un terrain jouxtant le quartier alternatif de la baraque (quartier autonome de Louvain-la-Neuve) ou encore la construction du musée de Louvain-la-Neuve au détriment d’une grande partie des étendues vertes du lac, lieu de détente privilégié des étudiants en été. Louvain-la-Neuve semble ainsi être actuellement dans une course à l’attractivité davantage axée sur le portefeuille du consommateur de passage que sur un urbanisme au service de la qualité de vie des habitants. Nous aimerions donc à l’avenir nous prémunir de mauvais choix concernant l’aménagement et l’urbanisme de Louvain-la-Neuve et en appeler à un débat sur la nécessité d’étendre la dalle au vu des implications urbanistiques que cela provoque. Selon nous, sortir de la logique contraignante de l’extension de la dalle et de ses implications financières ouvrirait la ville de Louvain-la-Neuve à un nouvel urbanisme moins mégalomane, plus cohérent et plus durable.

[1] « Trois remarques sur la multiplication des centres commerciaux » ; François Schreuer ; Revue Belge d’architecture ; Mars 2011
http://www.vesdre-avenir.be/photo.php?photoS=images%2Frevue-a-plus_2011-02-22.jpg&legende=Article

Pour contacter l’AGL à ce sujet : dmasset@aglouvain.be


Projet d'extension de l'Esplanade

Si tout d’abord la nouvelle ne semblait être qu’une rumeur, les sorties de presse sur le projet d’une future extension de l’Esplanade sont aujourd’hui de plus en plus fréquentes. Il semblerait en effet que le projet soit pour certains à un stade bien plus avancé que la simple lubie. Bien que l’UCL et les membres du conseil communal n’aient jamais eu vent du projet, le promoteur immobilier Peter Wilhelm (dirigeant de Wilhelm & Co et potentiel concepteur-financeur du projet) semble avoir déjà les idées bien claires.
Ce projet d'extension de l'Esplanade, de la forme d’un diamant géant, est un projet d'envergure : « L'extension offrira trois niveaux de surfaces commerciales comptabilisant 25.000 m2.(...) L'investissement s'élèverait à 100 millions d'euros 1». Le complexe est destiné à accueillir des enseignes de luxe, comme le souligne le futur investisseur qui y voit une occasion d' « upgrader » le niveau du centre commercial actuel afin d’attirer une nouvelle clientèle plus privilégiée (interne et externe à la ville) : « une zone de 600 000 personnes de Gembloux, à Overijse, de la frontière Flamande, à Lasne-Ohain n’est pas entièrement captée ». Comme il le confie à la presse, le concepteur souhaite faire de ce nouveau centre commercial une des emblèmes de la ville. Ce sera « la première chose que l'on verrait en arrivant à LLN (...) une nouvelle icône de la ville 2 ».
Louvain-la-Neuve est une ville universitaire et, peut-être plus que tout autre ville, elle ne peut se permettre un tel changement sans l’avoir mûrement réfléchi. Si nous sommes loin de nous opposer à toute évolution de notre ville, ce projet est lié à un nombre considérable de problématiques que nous avons le devoir de ne pas passer sous silence.
Voici quelques-unes des nombreuses interrogations que nous nous posons en tant qu’étudiants et citoyens.

Nul besoin de signaler que ce projet va à l’encontre des principes élaborés par les pères fondateurs de la ville. Si dans certaines dynamiques un parricide peut être nécessaire pour ouvrir la porte à de nouvelles perspectives, il ne faut pas néanmoins oublier la sagesse du terreau fondateur qui fut, ici, inspiré.
Les pionniers avaient à cœur d’en faire une vraie ville et non un simple campus, c’est à dire de mixer les différentes fonctions  académique, commerciale et culturelle. Bien qu’ils reconnaissaient la légitimité du secteur commercial, leur but était d’éviter les enclaves. Ils attendaient de la ville qu'elle soit un espace pluri-fonctionnel, comme une ville qui se serait développée de manière naturelle. L’extension de cet énorme centre commercial tel un appendice gargantuesque à la ville est pour le moins interpellante.
En faisant de Louvain-la-Neuve une ville piétonne, inspirée des dédales médiévaux, les pères fondateurs voulaient forcer les rencontres, amener ses habitants à investir les espaces publiques. Ils misaient donc sur la convivialité, la mixité sociale et la prise de responsabilité publique afin d’inclure les habitants dans le jeu politique, de créer une dynamique plus consultative qu'ailleurs. Ils semblaient avoir compris avant l’heure l’importance de la démocratie de proximité. Or cette question de la « Démocratie » au sein de la ville est aujourd’hui menacée. En témoigne la manière dont la construction de la première Esplanade fut menée ou encore la question de l’augmentation de la taxe de séjour sur les étudiants qui ne possèdent néanmoins pas la contrepartie de leur devoir : l’espace pour s’exprimer sur la ville. Ne sommes nous pas en train de briser ces valeurs toutes particulières qui font la particularité de notre ville?

Si Peter Wilhelm ne doute pas de l’existence de consommateurs potentiels ni de la viabilité financière pour les investisseurs et les futures chaines de magasin (de luxe), le projet semble superficiellement réfléchi  : « Ce qui interpelle le plus, à écouter le secteur de l'immobilier commercial, c'est l'absence de pensée globale. A l'image de Wilhelm & Co, l'économie et le commerce sont envisagés dans un système clos. Aucun intérêt n'est accordé à l'impact que pourraient avoir des stratégies commerciales sur d'autres sphères de la vie en société : environnement, sociale, aménagement du territoire, qualité de vie, santé» dénonce Inter-Environnement Wallonie. Ne faut-il pas évaluer les conséquences d’un tel investissement sous d’autres angles que celui du prisme financier?

Pour contacter l’AGL à ce sujet : dmasset@aglouvain.be

1 Propos de P. Wilhelm, Espace-Vie, décembre 2010, n11
2 La libre Belgique - Une extension du centre commercial de l’Esplanade, "au plus vite au mieux"  le 06/10/2010

26 février 2012

Ecolo une étiquette verte sur un projet de droite? Quel bilan à Ottignies Louvain-La-Neuve avant les élections

Quel bilan pour la majorité Ecolo-Ps-cdH ?

Les élections communales de 2012 arrivent à grands pas, il est temps de parler des promesses faites aux habitants d'Ottignies Louvain-La-Neuve, et d'en faire l'état des lieux.

À la veille des élections, il est temps de tirer un bilan en matière de logement, et de logements sociaux particulièrement;
en matière de la place des habitants dans la ville (par rapport aux commerces);
en matière de diversité culturelle (jugée trop élitiste par beaucoup);
en matière de démocratie locale, bien à la traîne malgré les promesses de la majorité,

Qu'en est il de la participation des citoyens aux décisions sur l'aménagement du territoire? Sur l'affectation du budget, notamment en matière culturelle et sociale? ...

Les avis divergent, surtout en matière de logement, depuis que la majorité a adopté le sacro-saint crédo de la "densification" (surtout autour des gares d'Ottignies et de LLN), les conflits se sont cristalisés autour de cette thématique, nottament dans le quartier au dessus de la gare à Ottignies (Petit Ry,...). Face à la forte résistance des habitants, la majorité a finalement lâché et abandonné le projet (en partie).

Quant à la crise du logement elle est de plus en plus criante. Si la proportion de logements sociaux n'a pas augmenté dans l'entité, que dire de Louvain-La-Neuve où c'est le logement de luxe qui se voit dérouler le tapis rouge (résidences privées pour étudiants, logements "high class" dans la rue Charlemagne, expulsion d'une partie du quartier de la Baraque,...), relégation de la maison des jeunes pour implanter un somptueux Musée Tintin (qui est un échec),...
Assez cocasse, cette vidéo http://www.youtube.com/watch?v=1DSiC1WQbME qui à toutefois le mérite de rappeler l'action menée par le groupe d'habitants appelé "collectif météo". Cette action avait pour but de réclamer un lieu culturel différent à Louvain-La-Neuve. On y voit les responsables de diverses associations culturelles de Louvain-La-Neuve lors de l'ouverture de ce lieu. Le parti Écolo qui y est décrit comme une étiquette verte mise sur un projet de droite, est vivement critiqué pour son action politique.
Pour la défense de la majorité Ecolo-Ps-cdHI, il est important de noter qu'en cette fin de législature, les travaux de construction de la nouvelle Maison des Jeunes (Chez Zelle) ont commencé et que celle-ci va enfin pouvoir exister à nouveau! Il semble que ce soit l'échevin Da Camara qui ait permis de débloquer certains dossiers sur lesquels Jean-Luc Roland s'entêtait dans des positions absurdes.

Alors serait-ce la législature de trop pour J-L Roland?


Une ancienne de Louvain-La-Neuve

6 décembre 2011

Rencontres de l'écologie politique - Ecolo, Verts au Parlement Européen, Etopia

Ecolo proche des réalités étudiantes ?

Cette initiative répond pourtant, d'après nous, aux attentes et aux besoins premiers des étudiants. Elle permet de renouveler l'offre des kots qui se trouvent souvent dans des états dramatiques : insalubrité, manque d'espace, absence de fenêtre...

De plus, leur prix est généralement trop élevé. Cette situation est inacceptable ! D'autant plus que ces loyers augmentent chaque année un peu plus. C'est pourquoi l'UNECOF rappelle sa proposition d'instaurer un Label Kot (www.unecof.be). Celui-ci est la garantie d'un logement de qualité à un prix abordable. Ce qui ne paraît pas être la priorité d'Ecolo.
L'UNECOF se demande donc si Ecolo est réellement proche des citoyens et des réalités étudiantes ...

UNECOF (Union des étudiants de la communauté française)
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Une Europe citoyenne ? Participez, il y a tout à y faire !  

La démocratie européenne n’a jamais été autant interrogée que ces derniers mois. Dans les remous de la crise globale qui secoue l’Union, c’est l’esprit européen qui est en danger. Changer les traités, si difficile que ce soit, ne suffira pas.
La démocratie participative au niveau européen, c’est un vrai challenge ! Or la participation constitue un levier important de la citoyenneté. Les démarches de participation citoyenne permettent d’améliorer la gouvernance ; elles favorisent la circulation de l’information et permettent à ceux qui sont directement touchés par les décisions publiques de s’exprimer.

Comment participer au niveau européen ? Cette conférence va vous présenter les différents outils existants, mais aussi créer – avec vous ! – du débat et de la polémique autour de la notion de citoyenneté européenne et des instruments de participation citoyenne.

Introduction par Jean-Michel De Wael, Doyen de la Faculté de Sciences sociales et politiques
Intervenantes Isabelle Durant : présentation politique, eurodéputée ECOLO et vice-présidente du Parlement européen
 Amandine Crespy : présentation académique, Membre du CEVIPOL (Centre d’étude de la vie politique)
 Alain Gerlache : présentation médiatique, spécialiste des nouveaux médias et maître de conférence en journalisme à l’ULg où il traite du webjournalisme et des médias interactifs, il assure également chaque matin la chronique « médiaTIC » sur La Première (RTBF radio)
 Jean Quatremer, journaliste français, spécialisé dans les questions européennes. Il a obtenu le prix Louise Weiss du journalisme européen en 2006 et le prix Altiero Spinelli en 2011.


ULB, campus Solbosh, H2215
Dès 20 heures 


- Groupe des Verts au Parlement Européen, Etopia et FSP-ULB -
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Prochaine Rencontres ! Mercredi 14 décembre, Lobbes
Conférence-débat : De la Terre à notre Assiette : Agriculture locale et alimentation saine, même combat ?

infos ;
http://www.ecologie-politique.be/rencontres/spip.php?page=sommaire

26 octobre 2011

crise du logement à Louvain-La-Neuve ; que propose la majorité Ecolo-cdH-Ps? le parlement Wallon s'invite au débat.

Crise du logement à Louvain-La-Neuve :

 

Le Service d’étude en géographie fondamentale et appliquée (Segefa) de l’Université de Liège vient de rendre son rapport sur le " problème" des logements dédiés aux étudiants. Sur six villes étudiantes, Arlon, Liège, Gembloux, Mons, Namur, Ottignies - LLN, il y aurait 31 000 kots pour 27 000 étudiants. 


Ce n'est que à Namur et surtout à Louvain-la-Neuve, qu'il y a une crise du logement. La situation de "ville riche" de Louvain-La-Neuve ayant une très faible offre de logements à loyers modérés (la plus faible de la région) n'a donc pas évolué depuis 15 ans. Au vu des résultats de l'étude du Segefa, l'on peut même penser qu'elle s'est empirée. 


"Les loyers trop élevés et la localisation d’offre dans des communes voisines", attestent de l'incapacité de l'UCL et des autorités communales (majorité Ecolo-cdH-Ps) à résoudre la crise du logement à Louvain-La-Neuve.


Bisbrouille au parlement : 


La majorité s'est empoignée sur le sujet et sur les engagements à prendre. Il ressort que (à vérifier) d'après le ministre Ecolo J-M Nollet, la commune d’Ottignies/Louvain-la-Neuve a reçu le permis de bâtir de nouveaux logements publics dans le cadre de "l’ancrage" communal, ces logements seraient réservés aux étudiants à bas revenus, "l’UCL, pour sa part, a des projets de création de près de 600 chambres" apprend-on dans La Libre du 26/10/11.  


A la veille des élections communales de 2012, ni Jean-Luc Roland, ni sa majorité Ecolo-cdH-Ps, ne semblent oser proposer un quelconque plan pour affronter la crise du logement qui frappe de plus en plus d'habitants d'Ottignies Louvain-la-Neuve, sans compter les innombrables qui ont purement et simplement du quitter leur commune pour se loger plus loin et moins cher.

31 mars 2011

Accès au logement à Ottignies Louvain-La-Neuve


Jean-Luc Roland vise le triplé Le Soir Mardi 22 mars 2011

Ottignies-LLN Ecolo en 2012

Le bourgmestre Jean-Luc Roland est candidat à sa succession. Il demandera à la régionale Écolo du Brabant wallon une dérogation pour enchaîner un troisième mandat consécutif. Derrière lui, cela se bouscule quelque peu. Les places d’échevin (deux actuellement) feront l’objet d’un âpre combat. David da Câmara et Cécile Lecharlier souhaitent rempiler. Ils devront batailler avec l’appétit grandissant de certains conseillers, tel Hadelin de Beer de Laer. Précisons que c’est la locale qui détermine ces strapontins. Le résultat électoral n’est pas pris en compte. Rayon coalition, l’Olivier actuel a les faveurs des pronostics.  (...)

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Revoir le « Plan HP » pour précariser davantage les habitants ? Le Gouvernement fait fausse route !

LETTRE OUVERTE  AU GOUVERNEMENT DE LA PART D’HABITANTS, D’ASSOCIATIONS ET DE RESEAUX
Près de 15.000 habitants vivent en caravanes (campings), chalets ou construction en dur  (parcs résidentiels et domaines) dans de nombreuses communes de Wallonie. Cette réalité existe depuis plus de 30 ans. De nouveaux ménages s’y installent quotidiennement…

En 1995, l’annonce par  le Gouvernement wallon que ce  « phénomène » devait être enrayé pour 1998  avait déjà provoqué fermetures et  évacuations de nombreux site, fuite des habitants… L’adoption en 2002 d’un plan « Habitat Permanent » en zone de loisirs (Plan HP), puis sa mise en œuvre en 2004 et 2005 ont calmé le jeu. Comportant différentes mesures, il vise notamment au relogement des habitants sur base volontaire et à « envisager » la reconnaissance de certains sites comme lieux d’habitat. Entre les deux, très peu d’aides et de soutiens sont apportés concrètement aux habitants afin qu’ils améliorent leur cadre de vie choisi en fonction de leurs besoins et de leurs moyens.

Ce qui n’a pas empêché que des personnes soient soumises à l’arbitraire, au harcèlement, se sentent menacées, soient encore plus fragilisées… Et que tous les habitants vivent avec une épée de Damoclès au dessus de la tête.
Après des initiatives de dialogue de notre part, des mois de demandes et malgré les engagements pris par le Gouvernement, les associations et les habitants n’ont pas été associés aux réflexions élaborées au sein de  « groupes de travail » gouvernementaux  qui viennent de remettre leurs conclusions. Mercredi passé, nous sommes mis devant le fait accompli de 70 mesures qui seraient soumises à l’accord du Gouvernement le lendemain !
Nous n’avons pas été concertés, marquons notre profond désaccord et mettons en garde : si l’intention du gouvernement est bien de soutenir les habitants pour leur permettre d’améliorer leurs conditions de vie, qu’il n’adopte pas à la légère des mesures qui risquent de les insécuriser et les fragiliser encore plus.

Les informations qui nous ont été communiquées sont très inquiétantes, aucunes garanties  ne  sont apportées aux habitants, certaines mesures sont difficiles à croire :
- Les difficultés liées à cet habitat ne sont pas prises en compte dans le contexte général de crise du logement : faute d’alternative et d’accompagnement, l’interdiction de domiciliation va rejeter à la marge ceux qui auraient pu y trouver à se loger compte tenu de leurs moyens ;
- des mesures envisagées risquent même de précariser d’autres  comme les personnes sans-abri (remise en cause du droit de domiciliation) ;
- La fermeture programmée des campings et des zones inondables annonce un dangereux revirement et des catastrophes sociales.  Jusqu’ici, les habitants pouvaient rester sur place et, selon les demandes et les moyens, se voir proposer un relogement sur base volontaire ainsi qu’une série d’aides et d’incitants. Dans la pratique,  chacun a cependant pu apprécier les pressions que pouvaient subir certains... Et comment procédera-t-on sachant que les communes et leurs partenariats locaux ne disposent même pas des moyens de reloger tous ceux qui le demandent ?

- Des mesures comportent en elles-mêmes des risques sérieux d’aggravation des conditions de vie des plus fragiles parmi les habitants.
- Le devenir des autres sites (domaines et parcs résidentiels) n’est pas clair et suscitera encore beaucoup d’inquiétudes. Dès son origine, le plan comportait pourtant cet espoir pour beaucoup d’habitants que leur lieu d’habitat soit reconnu.
Pour ne citer que quelques unes  des 70 mesures envisagées…

Nous, habitants, associations, simples citoyens sommes convaincus :
- Que ne sont pas des « abris » mais bien des logements dont disposent ces habitants ;
-  Que ne pas le reconnaître, c’est les considérer comme citoyens de seconde zone et les priver de leurs droits.
- Que compte tenu des enjeux que comporte ce plan pour des milliers de personnes, prendre de telles décisions sans débat public n’est pas sérieux et même dangereux;
- Que ces réalités complexes appellent des réponses mesurées et appropriées, qui respectent vraiment la liberté, les choix et les moyens dont les personnes disposent pour habiter ;
- Que, l’enfer étant pavé de bonnes intentions,  la plus grande vigilance est requise  dans la mise en œuvre des mesures afin qu’elles ne se retournent pas dans les faits contre les habitants.
-  Que l’amélioration des conditions de vie des milliers d’habitants concernés ne deviendra une réalité que s’ils en sont eux-mêmes les premiers acteurs, s’ils sont pleinement associés à la recherche de solutions qui leurs soient adaptées et si la maîtrise de leur habitat en sort réellement renforcée.
De tout cela, aucunes garanties n’ont été offertes jusqu’ici : nos interpellations dans ce sens sont restées sans suites.
En conséquence de quoi, nous attendons du Gouvernement un signal fort, pour les habitants, les élus locaux, la population et les associations :
- Qu’il renonce à  adopter dans la précipitation, sans dialogue, ni concertation  un plan d’action qui comporte de tels risques.
- Qu’il se donne le temps et les moyens de rechercher en concertation avec les habitants et partant de leurs situations réelles, des solutions appropriées qui leurs conviennent et leur garantissent un meilleur avenir.

Les associations et citoyens suivants soutiennent cet appel lancé au Gouvernement :
Solidarités Nouvelles asbl 0497/30.35.07 – Mouvement Lutte-Solidarité-Travail 0479/28.90.57 – Droit Au Logement Différent – Le Miroir Vagabond asbl  084/31 19 46  084/31 19 46     – Le Forum Social de Mettet – Louvain Citoyen - le Réseau wallon de Lutte contre la Pauvreté 0498/44.82.38.- SRP La Teignouse 0473/92.37.06

16 mars 2011

Ottignies Louvain-La-Neuve, écolo, cdH, MR, PS, quelle participation des citoyens?

Nettoyage "social" à Louvain-La-Neuve

De plus en plus d'habitants d'Ottignies LLN, dénoncent un nettoyage "social" à Louvain-La-Neuve (Voir communiqué : « une forme de nettoyage ethnique, de type social, qui s’opère dans le Brabant Wallon et spécialement à Louvain-la-Neuve »), qui contraint beaucoup d'habitants, dont pas mal de jeunes pourtant nés à Louvain-la-Neuve, à partir en laissant la place à ceux qui ont les moyens de se payer le coût de la vie néo-louvaniste. En effet, les importants aménagements qu'à connu la ville ces dernières années et notamment la construction du centre commercial l'Esplanade et de nouveaux quartiers huppés, n'ont pas œuvré dans le sens de la mixité de la ville et ont contribué à une forte augmentation des loyers, les rendant inaccessibles pour bon nombre de gens.
OUVERTURE AU DIALOGUE...
Interpellé par plusieurs communiqués le bourgmestre n'a toujours pas donné de réponse à ces interpellations, se contentant de dénigrer les jeunes manifestants qui ont occupés illégalement des locaux désafectés pour protester contre la disparition de la Maison des jeunes.
Peut-être que J-L Roland se réserve cette épineuse question pour son programme électoral? Nous l'espérons en tous cas, et de surcroît, nous espérons que celle-ci ne sera pas dictée par la démagogie mais par des engagements réels et des propositions concrètes. Le dialogue est urgent monsieur le bourgmestre, mettre un couvercle sur une casserole qui déborde ne fait que retarder les explosions!
Le bourgmestre J-L Roland, qui en est à son deuxième mandat, paraît contradictoire dans ses déclarations; d'une part il se dit fortement préoccupé par le phénomène de gentrification de la ville et prétend vouloir lutter contre la hausse des prix à Louvain-La-Neuve (La Libre Belgique, 2.2.2011), d'autre part, il voit dans le développement de la ville « le témoignage concret qu’un autre urbanisme est possible » et se dit enchanté par son développement « passionnant » (Vers l'Avenir, 29.01.2011). Il juge le développement commercial de la ville et les gains économiques qu'il entraîne, comme une aubaine pour arriver enfin à l'aboutissement du projet imaginé par les anciens fondateurs (Le Soir, 10.12.2010).
A l'heure d'adopter le budget, la majorité communale (Ecolo, DN-PS et cdH), fortement chahutée par l'opposition (MR) qui le juge irréaliste, promettait une large consultation des habitants afin d'établir avec eux les priorités pour la commune. Toujours attendue, cette consultation devrait permettre au bourgmestre qui brigue un troisième mandat, de retrouver de la légitimité pour entamer la campagne.

Toutefois l'entreprise est périlleuse pour Jean-Luc Roland, d'abord parce que l'UCL est propriétaire à 90% de la ville et n'est donc pas contrainte de tenir compte de l'avis des habitants, et par ailleurs son ambition électorale pourrait bien être compromise par la réglementation de son parti.
En effet, les statuts du parti écologiste interdisent de briguer un troisième mandat de bourgmestre consécutif. Hors, Jean-Luc Roland est bourgmestre d’Ottignies-Louvain-la-Neuve depuis 2001, pour se représenter, il devrait donc obtenir une hypothétique dérogation du conseil régional des Verts, fortement compromise par l'exigence de bonne gouvernance si chère à Ecolo et salutaire par ailleurs. En 2006 déjà, le bourgmestre avait renoncé à plusieurs mandats, sans doute pour se mettre au diapason du parti. Il cumulait alors plus de 5 mandats dont 3 au moins rémunérés (Baromètre belge du cumuls des mandats en ligne).

La semaine passée, l'Association des Habitants organisait un débat sur la hausse des loyers à Louvain-la-Neuve. C'est donc bien sur fond de la question du visage de plus en plus élitiste qu'est en train de prendre la commune, que se déroule le conflit entre le bourgmestre et les manifestants. S'il faut déplorer les violences dont ils ont été victimes, l'on peut souhaiter que cet incident fera réfléchir les autorités et les ramènera vers une véritable participation des citoyens.

8 février 2011

Louvain-La-Neuve, un village d'irréductibles élites?

Action brutalement réprimée à Louvain-La-Neuve :
Jean-Luc Roland pointé du doigt pour sa « gestion répressive » de la crise.

Une manifestation d'habitants de Louvain-La-Neuve qui réclamaient une maison des jeunes et un espace culturel alternatif, a été brutalement réprimée par les forces de l'ordre, le vendredi 28 janvier lorsque les manifestants ont tenté d'occuper un local désaffecté.

Des témoins indiquent que l'action n'était pas autorisée, en précisant toutefois, que « la réaction de la ville est totalement disproportionnée » et que la police a fait un « usage excessif de la force », allant jusqu'à « matraquer violemment» les manifestants pacifiques.

Le bourgmestre d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, Jean-Luc Roland (Ecolo), est pointé du doigt pour sa manière brutale de gérer une manifestation qui se déroulait pourtant sans heurts. Il y a eu plusieurs blessés parmi les manifestants dont quatre ont du être amené au services des urgences de la Clinique Saint-Pierre d'Ottignies. Leur état de santé n'est pas jugé inquiétant.

Quelques semaines auparavant, les manifestants occupaient illégalement un local désaffecté baptisé « météo », à Louvain-La-Neuve. Pendant plusieurs mois ils y avaient organisé des concerts de musique et des ateliers de création. Ils s'en étaient fait déloger dans le calme et avaient pu établir un dialogue avec les autorités universitaires et la police malgré les fortes réticences du bourgmestre.

Les manifestants, n'occupant que des lieux désaffectés et de manière pacifique, disent ne pas comprendre la réaction du bourgmestre. Il semble en effet que leur message soit mal compris par ce dernier qui est aujourd'hui pointé du doigt pour sa « gestion répressive » de la crise.

Les manifestants réclament un lieu de culture non-institutionnelle et une maison des jeunes pour les jeunes de Louvain-La-Neuve qui « ont besoin d’un lieu de découvertes ». Ces revendications ne sont pas nouvelles à L-L-N, surtout depuis que la maison des jeunes a été rasée pour faire place au musée Hergé, sans qu'un nouveau local soit affecté à la maison des jeunes. Le bourgmestre qualifie maladroitement cette réalisation comme « sa plus grande fierté » (Entretien avec Laurence Dumonceau "Je rêve d’une autre gare" ).

Par ailleurs, ne semblant vraisemblablement pas sur la même longueur d'ondes qu'une partie des habitants, il vante « l’intense activité culturelle qui attire tous les publics » (Opladis, interview de J.-L. Roland, 24.01.2011), il serait permis d'en douter au vu de l'offre culturelle assez élitiste sur la commune.

Nettoyage "social" à Louvain-La-Neuve

Ces habitants eux, dénoncent dans un communiqué, « une forme de nettoyage ethnique, de type social, qui s’opère dans le Brabant Wallon et spécialement à Louvain-la-Neuve », qui contraint beaucoup de jeunes, pourtant nés à Louvain-la-Neuve, à partir en laissant la place à ceux qui ont les moyens de payer le coût de la vie néo-louvaniste ». En effet, les importants aménagements qu'à connu la ville ces dernières années et notamment la construction du centre commercial l'Esplanade et de nouveaux quartiers huppés, n'ont pas œuvré dans le sens de la mixité de la ville et ont contribué à une forte augmentation des loyers, les rendant inaccessibles pour bon nombre de gens.

Le bourgmestre qui en est à son deuxième mandat, paraît contradictoire dans ses déclarations; d'une part il se dit fortement préoccupé par le phénomène de gentrification de la ville et prétend vouloir lutter contre la hausse des prix à Louvain-La-Neuve (La Libre Belgique, 2.2.2011), d'autre part, il voit dans le développement de la ville « le témoignage concret qu’un autre urbanisme est possible » et se dit enchanté par son développement « passionnant » (Vers l'Avenir, 29.01.2011). Il juge le développement commercial de la ville et les gains économiques qu'il entraîne, comme une aubaine pour arriver enfin à l'aboutissement du projet imaginé par les anciens fondateurs (Le Soir, 10.12.2010).

La finalisation du projet de Louvain-La-Neuve, s'est peut-être emballée, au point qu'on ne se préoccupe plus de savoir où une maison des jeunes et un lieu pour « une autre culture » pourraient trouver leur place dans une ville de ce type, si toutefois cela est encore possible.

A l'heure d'adopter le budget, la majorité communale (Ecolo, DN-PS et cdH), fortement chahutée par l'opposition (MR) qui le juge irréaliste, promettait une large consultation des habitants afin d'établir avec eux les priorités pour la commune. Toujours attendue, cette consultation devrait permettre au bourgmestre qui brigue un troisième mandat, de retrouver de la légitimité pour entamer la campagne.

Toutefois l'entreprise est périlleuse pour Jean-Luc Roland, d'abord parce que l'UCL est propriétaire à 90% de la ville et n'est donc pas contrainte de tenir compte de l'avis des habitants, et par ailleurs son ambition électorale pourrait bien être compromise par la réglementation de son parti.
En effet, les statuts du parti écologiste interdisent de briguer un troisième mandat de bourgmestre consécutif. Hors, Jean-Luc Roland est bourgmestre d’Ottignies-Louvain-la-Neuve depuis 2001, pour se représenter, il devrait donc obtenir une hypothétique dérogation du conseil régional des Verts, fortement compromise par l'exigence de bonne gouvernance si chère à Ecolo et salutaire par ailleurs. En 2006 déjà, le bourgmestre avait renoncé à plusieurs mandats, sans doute pour se mettre au diapason du parti. Il cumulait alors plus de 5 mandats dont 3 au moins rémunérés (Baromètre belge du cumuls des mandats en ligne).

La semaine passée, l'Association des Habitants organisait un débat sur la hausse des loyers à Louvain-la-Neuve. C'est donc bien sur fond de la question du visage de plus en plus élitiste qu'est en train de prendre la commune, que se déroule le conflit entre le bourgmestre et les manifestants. S'il faut déplorer les violences dont ils ont été victimes, l'on peut souhaiter que cet incident fera réfléchir les autorités et les ramènera vers une véritable participation des citoyens.

À l'heure actuelle et à notre connaissance, aucune plainte n'a été déposée au Comité P et la majorité communale ne s'est toujours pas exprimée publiquement sur les incidents du 28 janvier. Une délégation de représentants des manifestants pourrait interpeller le prochain conseil communal.


Notes de parenthèses :
  1. Entretien avec Laurence Dumonceau "Je rêve d’une autre gare", 24 janvier 2011
  2. La Libre Belgique, 2 février 2011
  3. Vers l'Avenir, 29 janvier 2011
  4. Le Soir, 10 décembre 2010
  5. Baromètre du cumuls des mandats, en ligne, http://www.cumuleo.be/mandataire/2575-jean-luc-roland.php
    _____________________________
Communiqué des manifestants
Répression violente lors de l’ouverture d’un lieu culturel autogéré à Louvain-la-Neuve.

Ce vendredi 28 janvier, un groupe d’habitants de L.L.N. et ses alentours investit un endroit où créer et diffuser de la musique, installer des ateliers et des expositions.
Notre désir est de fonctionner hors des institutions car nous entendons être libres dans la gestion de notre espace, notre volonté étant d’être indépendants de subsides ou d’animateurs.
Nous avons décidé de récupérer des locaux laissés à l’abandon ou non utilisés par leur propriétaire. Ce genre de collectif ou dynamique existe dans d’autres villes comme Liège, Bruxelles, Gent, Leuven ou Antwerpen…
Résumé des évènements de ce vendredi 28 janvier :
19 h. Nous rentrons dans les locaux inoccupés de l’ancienne poste Place des Sciences. Rapidement un groupe de personnes y installe une cuisine, d’autres un bar , une sono, une infothèque.
Nous nous sentons vite chez nous et y installons une charmante ambiance.
20 h. Un vigile de l’U.C.L. constate notre présence et appelle ses collègues et la police,…
L’un d’entre nous sort pour leur expliquer nos intentions, en vain ; nous connaissons notre bonne ville, le dialogue est impossible et l’expulsion imminente.
Les policiers se rassemblent devant le bâtiment, matraque à la main et casque vissé sur la tête. Le ton est lancé mais la bonne humeur est toujours un peu là. Les enfants et certains parents quittent la poste.
21 h. Le nombre de policiers augmente. Ils encerclent le bâtiment bloquant toutes les issues.
21 h 30. La police casse une vitre puis une porte et entre de force. (Qui donne ce genre d’autorisation, le bourgmestre ?)
Le commissaire Lagrange rentre avec sept de ses hommes pour nous sommer de discuter avec un responsable (?) , matraque à une main et lacrymo dans l’autre tout en poussant et bousculant le groupe.
La discussion s’envenime, les coups de matraques pleuvent, nous nous opposons collectivement à leur charge et finissons par les repousser hors du bâtiment.
22 h. La police fait fortement usage de gaz lacrymogènes. Le gaz envahit tout le bâtiment, nous sommes obligés de sortir par les portes de l’étage inférieur et nous retrouvons face à d’autres policiers.
Le matraquage et gazage se déroule sous l'œil bienveillant de responsables de l’U.C.L. : Dominique Opfergelt (administrateur général) et Alexandre Bauthier ( responsable de la sécurité des biens et des personnes).
22 h 30. Nous sommes tous dehors. Plusieurs membres du groupe ont été frappés par la police et sont blessés. Certains ont été frappés à l’intérieur du bâtiment, d’autres alors qu’ils étaient déjà dehors. Certains policiers sont prêts à nous frapper pour n’importe quelle raison. D’autres, repus de violence satisfaite ricanent à l’écart. Une personne est arrêtée car elle crie fortement sur la police, elle est jetée violemment au sol.
23 h. Nous formons un petit groupe sur la place des sciences. La police revient vers nous. Suite à une discussion avec le commissaire, l’un des nôtres est arrêté agressivement sans aucun motif. Nous disloquons notre groupe et nous rassemblons ailleurs pour faire le point, quatre personnes à l’hôpital, deux au poste, notre détermination est toujours intacte.
Nous sommes ouverts à toutes propositions d’espaces vides à occuper.

Depuis 1998, le changement de politique d’aménagement du territoire nous en a fait baver.
Une forme de nettoyage ethnique, de type social, s’opère dans le Brabant Wallon et spécialement à Louvain-la-Neuve. Beaucoup de jeunes nés à Louvain-la-Neuve doivent partir en laissant la place à ceux qui ont les moyens de payer le coût de la vie néo-louvanesque.
Habiter, c’est aussi rencontrer et créer dans la cité.
Même si M. l’échevin de la Culture nous traite d’ignares sur cette question, nous persistons à penser qu’il y a un manque crucial de lieux à destination de la création (ateliers et salle d’expo-concert-performance).
La maison des jeunes va renaître. Nous l’espérons car nous avons grandi à travers elle et son apprentissage à l’autogestion.
Nous trouvons qu’il faut la laisser à disposition des plus jeunes qui ont besoin d’un lieu de découvertes.